La vraie différence entre un backlink dofollow et nofollow (et pourquoi celle qu'on vous répète est incomplète)
Un lien dofollow, c'est un lien qui dit à Google : « vas-y, fais confiance à ce site ». Un lien nofollow, c'est un lien qui dit : « je te pointe vers cette page, mais je ne me porte pas garant ». Voilà la version courte. Sauf que depuis quelques années, cette version courte vous fait prendre de mauvaises décisions.
Je vais vous expliquer pourquoi, avec un exemple concret qui m'a coûté du temps.
Points clés à retenir
- Un backlink dofollow transmet de l'autorité (le fameux PageRank) ; un nofollow ne la transmet pas, du moins en théorie.
- Depuis que Google traite le nofollow comme un simple indice plutôt qu'un ordre, sa valeur réelle a changé.
- Un profil de backlinks sain contient généralement entre 60 et 80 % de dofollow et le reste en nofollow, sponsored et UGC. Un profil 100 % dofollow est un signal suspect.
- Le nofollow entrant et le nofollow sortant n'ont rien à voir — et beaucoup d'articles les confondent.
- Le fichier disavow sert à désavouer des liens dofollow toxiques, pas à annuler des nofollow.
D'où vient le nofollow, et ce que la balise HTML raconte vraiment
Le nofollow n'est pas une invention de Google. C'est un attribut HTML standard, rel="nofollow", créé en 2005 par Google, Yahoo et MSN à une époque où les commentaires de blogs étaient un champ de spam absolument incontrôlable. L'idée était simple : si vous laissez un lien dans un commentaire, il ne compte pas.
Comment ça s'écrit, concrètement
Dans le code, ça donne ceci :
- Lien dofollow :
<a href="https://exemple.fr">texte</a>— absence d'attributrel. - Lien nofollow :
<a href="https://exemple.fr" rel="nofollow">texte</a>. - Lien sponsorisé (nouvelle étiquette, utilisée depuis 2019) :
rel="sponsored". - Lien généré par les utilisateurs :
rel="ugc".
Le point qu'on oublie : dofollow n'est pas un attribut. Il n'existe pas de rel="dofollow". Un lien est dofollow par défaut, dès lors qu'aucun attribut ne vient le neutraliser. Ça paraît anodin, mais ça change la lecture : le dofollow est l'état naturel, le nofollow est une exception qu'on pose volontairement.
Les trois questions qu'on me pose à chaque audit
« Est-ce qu'un lien nofollow sert à quelque chose si Google ne le compte pas ? », « est-ce qu'un lien sponsorisé est pénalisant ? », « est-ce que je dois désavouer mes nofollow ? ».
Réponses : oui il sert, non il n'est pas pénalisant en soi, et non vous ne désavouez jamais des nofollow — le disavow ne concerne que les liens dofollow toxiques. Bloquer un nofollow avec un disavow, c'est comme porter plainte contre quelqu'un qui vous a serré la main.
Le truc que la plupart des articles oublient : le nofollow est devenu un simple indice
Pendant quatorze ans, le nofollow était une directive. Google la respectait à la lettre : lien nofollow = zéro transmission, point final.
Et puis Google a changé sa position officielle. Le nofollow est passé du statut d'ordre à celui de hint, c'est-à-dire d'indice. Google se réserve désormais le droit de décider, au cas par cas, si tel lien nofollow mérite quand même d'être pris en compte. En pratique, pour la grande majorité des liens nofollow, rien ne change : ils ne transmettent rien. Mais pour certains, notamment quand le contexte de la page est très fort ou quand un site d'autorité vous cite avec un nofollow, Google peut décider d'en tenir compte malgré tout.
Ce que ça change concrètement pour vous
Ça change une chose simple : arrêtez de mesurer la valeur d'un backlink à son seul attribut rel. Un nofollow de la part d'un site qui compte énormément peut valoir plus qu'un dofollow d'un annuaire oublié. Et ça, aucun outil de backlinks ne vous le dira — les outils comptent, ils ne jugent pas.
Un nofollow entrant, en revanche, a un autre effet : le trafic. Un lien cliquable, même nofollow, envoie des visiteurs. Si ces visiteurs restent, lisent, s'inscrivent, ce comportement compte beaucoup plus que l'autorité théorique transmise.
Dofollow contre nofollow : le tableau comparatif
Voici la comparaison que j'aurais aimé trouver quand je débutais, plutôt que les 40 articles qui se contentaient de dire « dofollow transmet, nofollow ne transmet pas ».
| Critère | Dofollow | Nofollow |
|---|---|---|
| Transmet l'autorité (PageRank) | Oui | Normalement non, mais Google peut en tenir compte |
| Transmet du trafic cliquable | Oui | Oui, exactement pareil |
| Impact SEO direct | Modéré à forte influence | Faible, indirect |
| Effet sur le maillage interne | Redistribue l'autorité interne | Bloque la redistribution |
| Rôle dans le nettoyage d'un profil toxique | Cible du fichier disavow | Jamais désavoué |
Le maillage interne est le point que je vois le plus mal géré. J'ai audité il y a un an un site qui avait mis tous ses liens de navigation en nofollow « pour ne pas perdre d'autorité ». Résultat : sa page d'accueil, qui concentrait le plus de force, ne transmettait plus rien à ses pages catégories. Les pages catégories n'ont plus eu de jus, et les pages produits ont suivi. Le site a chuté d'environ 25 % sur ses requêtes transactionnelles en trois mois. On a retiré le nofollow, tout est revenu.
À quoi ressemble un profil de backlinks sain (et pourquoi le 100 % dofollow est un drapeau rouge)
Un profil naturel contient toujours un mélange. Les sites qui vous citent utilisent le nofollow pour mille raisons qui n'ont rien à voir avec vous : modération de commentaires, syndication d'articles, agrégateurs, forums, mentions automatiques. Si votre profil est à 100 % dofollow, vous avez probablement acheté des liens quelque part, et Google le sait.
Une situation dans laquelle vous vous êtes peut-être déjà trouvé
Un de mes clients acheté un lot de backlinks sur une place de marché en 2023 — cinq cents liens dofollow, sur des sites qui n'avaient aucune thématique commune avec son activité. Pendant trois mois, rien. Puis une chute brutale : -40 % de trafic organique en six semaines. On a passé les liens en revue, gardé quatre sites sérieux, désavoué le reste via le fichier disavow. Le rebond a pris cinq mois.
Ce que j'ai retenu : un dofollow toxique est bien plus dangereux qu'une absence de backlink. Vous n'êtes jamais pénalisé pour ce que vous n'avez pas — vous l'êtes pour ce que vous avez acheté sans le vérifier.
Une proportion que je vois régulièrement chez mes clients, et qui semble tenir : 60 à 80 % de dofollow, le solde en nofollow, sponsored et ugc. C'est un ordre de grandeur, pas une loi.
Comment décider, en pratique, entre dofollow et nofollow
Vous contrôlez deux types de liens : ceux que vous placez vous-même (liens sortants, maillage interne), et ceux que vous pouvez négocier avec un partenaire externe. Pour les autres — la majorité de votre profil — vous ne contrôlez rien, et c'est normal.
Quand mettre un nofollow
- Un lien sponsorisé ou rémunéré : passez-le en
rel="sponsored", c'est la convention admise. - Un lien dans un contenu généré par les utilisateurs (commentaires, avis, forums) :
rel="ugc". - Un lien sortant vers une page dont vous ne voulez pas assumer le contenu (contenu douteux, source peu fiable).
- Un lien dans un espace publicitaire ou un encart non éditorial.
Quand mettre un dofollow
- Un lien éditorial vers une source que vous recommandez réellement. Si vous citez une source parce qu'elle est bonne, laissez-la en dofollow : vous ne perdez rien, vous gagnez en crédibilité.
- Votre maillage interne : liens de navigation, liens contextuels, fil d'Ariane. Le nofollow dans le maillage interne est presque toujours une erreur.
- Un lien vers votre propre site depuis un partenariat éditorial assumé — en évitant d'en faire deux par article.
Un dernier point qui m'a surpris en auditant mes propres sites : la plupart des liens qui m'apportaient réellement du trafic qualifié étaient nofollow. Forums spécialisés, newsletters, mentions sur des sites communautaires — tous en nofollow, tous utiles. Le SEO pur et le trafic réel ne sont pas la même chose, et on l'oublie vite quand on passe ses soirées dans une interface d'outil.
Ce qu'il faut retenir, et une question à vous poser
La différence entre dofollow et nofollow tient en deux phrases. Mais le vrai sujet n'est pas là. Le vrai sujet, c'est que depuis le passage du nofollow au statut d'indice, la qualité du site source compte plus que l'attribut collé au lien. Un nofollow de la part d'un site qui vous ressemble vaut plus qu'un dofollow d'un annuaire aux 40 000 liens.
Posez-vous une question simple ce soir : dans votre profil de backlinks, combien de liens viennent d'un site que vous auriez envie de recommander à un ami ? Si la réponse est « très peu », l'attribut rel n'est pas votre problème.